Coup de gueule ?

Coup de gueule ?

 Ce vendredi, veille de Pâques, en fin de matinée, en mairie, les courriels tombent comme à Gravelotte. L’inspection académique ouvre le bal avec : « je vous confirme que nous avons décidé de nous regrouper avec l’école élémentaire de façon à n’ouvrir qu’une seule école et ainsi limiter le nombre de personnels présents (comme demandé dans les consignes nationales et officielles).» Et de conclure qu’un courrier de Monsieur Le Maire n’est pas obligatoire et que son accord verbal suffit pour l’ouverture ou la fermeture des écoles de Chancelade. Puis ce fut le Grand Périgueux : « Au vu des annonces gouvernementales, le Grand Périgueux fermera les ALSH dont il a gestion. Seul l’ALSH Valentine Bussière Boulazac de Boulazac Isle Manoire sera ouvert afin d’assurer le service pour la garde des enfants des personnels en charge de la gestion de la crise sanitaire, selon une liste qui devrait nous être fournie par l’Etat. Les enfants accueillis au sein des écoles la semaine prochaine pourront être orientés sur cet ALSH. Ces mesures prendront effet dès ce mercredi 7 avril 2021 et uniquement pour le mercredi 7 avril 2021 ainsi que pour les vacances soit du lundi 12 au vendredi 23 avril 2021. Dans le cas où des évolutions auraient lieu nous ne manquerons pas de revenir vers vous. »

Fermez le ban et… pschitt… ou presque

Quelque peu irrité d’être considéré comme un supplétif assurant le service après-vente de décisions imposées, rebelle et provocateur dans l’âme, je décidais de maintenir les deux écoles ouvertes et je demandais aux services municipaux de suppléer à la carence du Grand Périgueux.
L’inspection académique réagissait par une républicaine menace de faire intervenir la maréchaussée ; rien de moins. Je me rappelais que Jacquou n’avait été qu’un personnage de roman et je me rendais à Marianne en bon républicain tel Vercingétorix à Jules César.
Pour le Grand Périgueux, davantage sensibilisé à la cause, l’annonce de l’ouverture du centre de loisirs de Coulounieix-Chamiers me donnait pleine satisfaction.
Tout ceci pour dire que vos élus communaux, tout comme vous, sont pris dans des décisions qu’ils ne partagent pas toujours et ont le devoir de le faire savoir.Quitte à ce que certains qualifient leur « coup de gueule » de… Pschitt.

Pascal SERRE

Le centenaire qui rend heureux !

Le centenaire qui rend heureux !

Le chanceladais René Donzeaud, du haut de ses 99 ans, a conservé un solide appétit de vivre. Installé depuis 1981 au Clos des Grèzes, il a été l’administré le plus âgé qui se soit rendu au centre de vaccinations de la clinique Francheville à Périgueux.

Une promenade dans l’histoire

Ce mercredi, il était midi trente lorsque je sonnais à la porte de la maison de René Donzeaud. La canne alerte, la casquette bien vissée sur la tête, accompagné d’un doux soleil printanier, l’homme se présentait. J’aurai aimé que le trajet fut plus long car mon passager se faisait disert sur sa vie d’ancien policier. Entré à la toute nouvelle compagnie républicaine de sécurité de Périgueux, en 1946, il devait rejoindre la sécurité publique dans la région parisienne dix ans plus tard ; il terminait sa carrière à l’Etat-major du département de l’Essonne. ” Avec humilité, j’avoue avoir fait une belle carrière…” dit-il. Issu d’une famille d’agriculteurs, ce natif de Salagnac, dans le nord de la Dordogne, s’est marié avec une jeune femme du village de Génis, tout proche, en 1946. Deux enfants naîtront de cette union. ” L’après-guerre, explique-t-il, était dure, il fallait reconstruire la France et construire une vie de famille au milieu des évènements de la décolonisation et du développement de la société de consommation. La vie était rythmée par la première télévision, la première voiture, le premier réfrigérateur, la première machine à laver…”

Le Clos des Grèzes

C’est en 1981, au moment de la retraite, que le couple Donzeaud s’installe sur la commune de Chancelade, au Clos des Grèzes. “Nous avons profité d’un terrain dans le lotissement en construction. Nous étions proches de Périgueux avec ses marchés et avec, déjà, la plupart des services sur la commune. Nous étions les premiers, depuis ca s’est construit ” poursuit René Donzeaud.  Près de quarante années partagées entre la famille, la maison et le jardin. Une existence paisible qui s’appuie sur un art de vivre empreint de discrétion et de modestie. Soixante-quinze années de mariage viennent d’être troublées par le départ de l’épouse de René en maison de retraite, il y a juste quelques semaines ; “elle avait 97 ans et était devenue trop dépendante. Je ne parvenais plus à l’assumer” explique, ému, notre presque centenaire.

René Donzeaud sait qu’il peut compter sur ses voisins, il bénéficie aussi du service portage de repas à domicile : ” C’est très bon, varié et copieux au point d’en avoir pour le soir.” Il se tient informé par la télévision qui occupe une partie de ses journées.

Une vaccination sous haute sérénité

La promenade vers Périgueux occasionnée par la vaccination contre le COVID-19 ne l’a pas perturbé bien qu’il s’exclame : “Je suis étonné que ce soit le maire qui soit le chauffeur… et en plus il y a du soleil. Quoi demander de plus ? ” Et notre “sénior” de dire : “si je veux devenir vieux, il faut bien que je me vaccine !” Belle leçon de sagesse dans un monde fou, fou, fou.

L’accueil, à Périgueux, est parfaitement organisé. René Donzeaud est pris en charge avec une grande attention par les agentes du Grand Périgueux tout sourire devant l’alerte personnage et le médecin dédié à la vaccination. Trente minutes écoulées, René Donzeaud ressort, bon pied et bon oeil, sous les appareils des photographes qui veulent immortaliser la séquence du plus ancien habitant du Grand Périgueux venu se faire vacciner.

Rendez-vous a été pris, pour la seconde vaccination, le 21 avril. Alors que je regagnais ma voiture, René Donzeaud se retournait : “Merci M’sieur le maire, c’est très gentil à vous…”  Question de politesse et d’élégance d’une époque en couleur sépia. Une couleur qui rend heureux celui qui colore ainsi sa vie, et celles des autres.

Pascal Serre

René Donzeaud (à droite sur l’écran) après sa séance de vaccination

Le Périgord version Bonux

Le Périgord version Bonux

Les drames politiques qui s’étalent en boucle, entre les cours de la Bourse et la presse people, révèlent que mon Périgord est une principauté vertueuse, dirigée davantage par Platon que par Machiavel. Enfin, je veux le voir ainsi. C’est le Périgord version Bonux. La lessive et le cadeau compris.

La main sur le cœur, l’autre sur les yeux, je vous le dis : mes politiques de Dordogne sont les plus blancs que l’on connaisse. Si il y eût, par le passé, quelques frémissements d’égarements, chacun retrouva en hâte le bon chemin. Quelques prières laïques suffirent à prouver que je ne m’étais pas trompé sur leur sainteté démocratique. Au fond, rien qui ne mette à l’arrêt le blaireau d’Anticor qu’est l’ancien magistrat Alain Bressy. Faut dire qu’il a fait presque toute sa carrière au pays des croquants ; on peut lui faire confiance.

Cette planète de tous les egos et des intérêts partagés

De même, si rien ne sort dans la presse locale, on peut faire aussi confiance à nos journalistes qui investissent surtout les apéros en tout genre, là où se glanent les derniers secrets qui vont nourrir les pages déjà passées au lave-linge ou lave-vaisselle que sont leurs ordinateurs à pédales. Oui, je veux être confiant sur mes représentants en tous genres, lessiviers de la démocratie lilliputienne de mon hexagone provincial. C’est plus confortable. Et pourtant, dans une autre vie, parfois même encore, je trouve quelques arrangements, certes sans gravité, mais toujours bien arrimés aux habitués de cette planète de tous les egos et des intérêts partagés.

Je transforme mon ordinateur en lave-linge ou lave-vaisselle

Moi aussi, désormais, je transforme mon ordinateur en lave-linge ou lave-vaisselle. Tout au long de l’année passée j’ai reçu mes paquets de lessive avec, à l’intérieur, un cadeau surprise. Avec le temps et mon étoile pâlissante, je reçois toujours les lessives mais chaque paquet ne contient plus qu’un bon à gratter pour accéder au tirage miracle qui pourrait m’apporter le graal. Je ne gratte même plus.

J’ai bien entendu, Noël Mamère, encore élu, susurrer sur la masse financière gigantesque, les pouvoirs titanesques tenus par les élus locaux… Il ne se représente plus aux élections. Ceci expliquerait-il cette brusque saillie ? Ce n’est pas correct et je le tance affectueusement pour me contrarier dans mon bac à sable. Je vous le dis : combien je suis tranquille à me confondre en louanges pour le caractère vertueux de mon maire, de mon conseiller départemental ou régional, de mon député et même de mon sénateur. Je l’avoue, avec ses élections à répétition, je suis redevenu le petit enfant qui accompagne sa maman à l’épicerie, et qui attend le paquet de Bonux pour en tirer le « cadeau surprise ».

La macronie locale, toute essouflée par ses victoires sans partage, étrangère à ce délicieux savon qu’est le pouvoir, égarée face aux sursauts des baronnies éssorées par le lavage des autres lessiviers que sont les électeurs, tente de démontrer que sa propre lessive lave plus blanc. Cette fois, il n’y a pas de cadeau, ni de surprise.

Pascal Serre